poésie frontale/poésie québécoise

Tu voudrais me casser la figure avec un marteau

Tu voudrais me casser la figure
Avec un marteau
Alors que je t’embrasse
Délicatement dans le cou car
La suture entre nous tiendra le coup

Je laisse des miettes à la trace
Vers la limite du pain quotidien

Avant la dernière station
À la croisée des chemins

Haïs-moi mais haïs-moi fort
Que rage chaque molécule de toi

Car tu devras me haïr beaucoup
Avant que de m’aimer un peu

Au pied de la Barrière du Don
Comme un tympan qui éclate

En franchissant la barre du son
Qui fera brûler en toi un feu de joie

En attendant qu’on libère les otages
D’ici à ce que tu quittes ta cage

La force de rejet du médicament
Te fera fuir dans tous les coins

Loin de moi tu iras respirer
L’air au pic du travail en aval

Mains à l’air devant l’évidence
Que l’on ne pourra pas s’aimer

Avant que de nous être rejetés
Contre les loups qui hurlent en nous

Haïs-moi mais haïs-moi à fond
Vas-y mon amour bouffe moi tout rond

Tire dans le tas de tout ce qui respire
Fusille-moi à l’aube de mes manquements

Que les toitures volent à tout va
Et que les clôtures sautent sur les rats

Cette fusion est une camisole de force
Mais en dedans tu verras c’est doux doux

Tu verras les étincelles grimper
Dans la plus sourde rage d’obscurité

Tu voudrais me casser la figure
Avec un marteau
Alors que je t’embrasse
Délicatement dans le cou car
La suture entre nous tiendra le coup

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s