poésie frontale

De clarté

Que j’aime, aime, aime
Combien tu es extrême

Combien j’aime, aime, aime
Le sirop noir dans mes veines

Combien j’aime, aime, aime
Quand tu me prends la tête

Sous le regard obscène
D’une fumante tempête

Nous sommes seuls ici
Et mon dernier drapeau

Je le découperai dans ta peau
Sous la tourmente et les cris

Que j’aime, aime, aime
Combien tu es amène

Que j’aime, aime, aime
Nos dérapages internes

Combien j’aime, aime, aime
Quand tu me brise le cœur

Et que partout tu t’imprègnes
Au marteau concasseur

Nous sommes seuls ici
Et mon dernier paquebot

Je l’arracherai de son repos
Au prix du klaxon d’un taxi

Que j’aime, aime, aime
Combien tu es suprême

Que j’aime, aime, aime
Nos collisions externes

Combien j’aime, aime, aime
Quand tu me tords les tripes

À chaque overdose de haine
C’est la totale comme trip

Nous sommes seuls ici
Et ma dernière étrenne

Je le déchirerai de la haine
Avant l’attentat qui sourit

Que j’aime, aime, aime
Quand tu me laisses à la traîne

Combien j’aime, aime, aime
Que tu me fourgue à la fourrière

Combien j’aime, aime, aime
Quand tu me broie les os

Et que ma forme te promène
Tout droit vers un poteau

Nous sommes seuls ici
Et mon dernier manuscrit

Je le défricherai sur ton dos
Je suis mon seul ennemi

Que j’aime, aime, aime
Combien tu m’étourdis

Combien j’aime, aime, aime
L’obscure délire qui s’escrime

Avec mon seul neurone las
Je cherche la clef du sas

Usé fatigué mais debout
Penché au-dessus du trou

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