poésie frontale/spoken word

Muetemps

1
Dans le petit matin fourchu
nous avançons à reculons
revenus d’exil une seule tribu
et nous enfonçons le moignon
au bout de toute peine bue
carré dans un trou rond
nos os cassent comme
une dent pourrie par le pognon
le dernier trognon de pomme
un vent qui sent l’oignon
les caravanes en feu s’enfilent
l’aiguille d’un ultime tango
caresse ta crasse qui passe
avant le couteau dans le dos.

2

De l’autre côté du temps
ce ne sera plus ce monde ou rien
ni le désert ni la nuit
fini les ombres sans répit
de poussière et d’insomnie
menottes au cou le singe savant
longtemps que je t’apprends
une barre bandée sous les gonds
de la porte blindée en Ohr
qui clarifiera notre Divinité
que ton phare éclairera mon pont
entérinant notre mission au trésor
le cœur en furie et la joie aux poings
ensemble comme un blindé
sortant de l’ultime tranché
ivre à la victoire du verbe: Aller!

3

Le soleil cache sa trace
au pied l’Amour un mur en plein
sevrage de tremplin pure saut
dans le vide sans filet de Toi
nous sommes allés nous perdre
pour ne jamais se retrouver
saigné la moelle amère à l’os
sur le fil rasoir de solitude
jeune femme nommée Judas
tatouée sur de la vitre cassée
pourrait être la fille au serpent
sur les rails de la sornette
à gogo ou à vapeur
dans la mesure ou qui perd
gagne aussi plutôt rien.

photo: YELLA YELLEN

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