lou reed/poésie québécoise/spokenword

L’héroine grise sur le pont des degrés

À la mémoire de Lou Reed

Elle mit toutes les forces d’avant
Pour tenir debout contre le vent
Une tempête grondait en elle
Son mat craquait au gré des secousses
Consciente que cette fois
Il n’y aurait pas de retour, plus de terre ferme
Les voiles déchirées guillotinaient
L’espoir des hommes venus à sa rescousse
Les vagues pommelèrent la coque
Tant et aussi longtemps que nécessaire
Pour que les planches craquent
La peur se sentait de leur sueur
Et le collier dans un écrin d’or

Impossible à passer autour du cou
Pourtant foi en son éternelle sureté l’héroïne
Naïve, sombrement belle à s’en mordre
Comme un matelot sur une gravure d’antan
Bravait l’océan tel un débutant, à son dernier jour
Hurlant des ordres et contre-ordres
À en perdre cap dans l’écume haletante
Son bijoux précieux à l’abri
Elle continuait d’encaisser les cris
Les rubis devraient attendre
Pour que l’héroïne traverse cette nuit
Avant que de lui révéler la teneur
De cet ultime sursis dont elle-même serait

L’effet de la surprise pour seule défense
Qui n’en était pas, mais à laquelle
Elle avait voué le sein de son cœur
Et trop souvent échangé
Des vacances entre ses reins
Puis au bout d’un long hurlement
De trompettes cosmiques aurait-on dit
Le ciel s’est déchiré de plus belle
Ouvrant la voie à l’éclaircie
Elle ordonna de déverrouiller les portes
Puis débarrée entre les secousses
Quand personne ne regardait elle défonça
Le coffre dans la cabine du capitaine

À quoi bon une clef quand nous sommes
La formule du long périple
Entre deux îles imaginaires
Dont l’héroïne seule comprend l’enjeu
Se situant entre le concept des lieux
Sans que le temps ne vienne corrompre
Une histoire dans laquelle personne
N’a jamais imaginé un cadran ou une montre
Là où les transitions sont des objets de fonte
De molécules possibles, objets contondants
Comme le sang de l’héroïne et ce silence
Nommé Dieu intérieur qui ne sourcille plus
Tant qu’il restera une épreuve à mesurer

Tant qu’il restera le collier de rubis
Au cou de l’âme de l’héroine de ce poème
Écrit en songeant à une chanson de Lou Reed
Le 14 Novembre 2013 dédicacé à Anita Leblanc
Grand-mère maternelle.

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