littérature

Hier, aujourdhui… demain (Suite fortuite)

Ceci est la première fois que j’utilise cette fonction de ‘reblog’, sur ce site,  et je suis heureux de vous présenter un texte, un auteur, une pensée avec lesquels je suis solidaire sur toute la ligne! Je dois dire que, et mes lecteurs le sauront, i DON’T SUFFER FOOLS gladly, et des mots qui me décapent les neurones las sont aussi rares que le Radium. Pourtant, ce n’est pas faute de ratisser les blogues, les vlogues, et l’internet de long en large. Donc je vous invite à partager ma rage qui dure depuis 1976 avec Sacha B. à qui j’envoie un grand salut sur le blogue :Les Enfants Perdus ! Un top-là qui me va droit au coeur! – DanleMiel Guimond

Texte de Sacha B. (blogue Les Enfants Perdus )

Hier, j’ai écrit un texte que j’ai brûlé ce matin car hier, j’ai décidé qu’il était temps de réagir ; mais je ne vais pas vous mentir, mes premiers mots n’étaient que colère. Colère contre un tas de chose, contre tout et n’importe quoi, contre tout et n’importe qui. L’attente que je croyais bénéfique à une expression plus clairvoyante, ne faisait en fait que nourrir toutes les indignations que je ressentais.

Cette attente ne fut pas passive non, car toute la semaine, j’ai écouté et j’ai lu.

J’ai écouté et j’ai lu tous les politiciens français de Mélenchon à Le Pen, de Sarkozy à De Villepin ; les politiciens étrangers de Merkel à Poutine en passant par Barack et Bachar.

J’ai écouté et j’ai lu des philosophes, plus ou moins extrêmes, plus ou moins pédagogues, plus ou moins pertinents, de Houellebecq à Onfray en passant par Tariq Ramadan.

J’ai écouté et j’ai lu des artistes de toute sorte, de Youssoupha à Hazanavicius, de Madonna à Balotelli.

J’ai écouté et j’ai lu des spécialistes des services secrets, des spécialistes des services antiterroristes, des spécialistes du Raid, des spécialistes du Zgeg.

J’ai écouté et j’ai lu des amis à moi. Je vous ai écoutés ; je vous ai lus.
A la télé, à la radio, dans les journaux et bien évidemment sur les réseaux sociaux.

Des articles et des commentaires. Des statuts, des textes, des dessins.

Le « Je partage donc je suis » de Facebook n’a jamais été aussi vrai. Il a même évolué en je partage donc je suis touché, plus touché que les autres ; je partage car je sais ce qu’il faut faire, ce qu’il faut dire.
Beaucoup de « il faut » et de « il faudrait ». De « il aurait fallu » et de « il faudra ». Le verbe falloir conjugué à tous les temps.

Dans ce texte que j’ai écrit hier donc, j’évoquais un certain égocentrisme dans l’appropriation des faits, un certain manque de timing dans la publication de photos de joie, une certaine curiosité morbide dans la recherche d’images choquantes, une certaine façon étrange, presque solennelle, que chacun a eu de s’adresser au monde entier. Des envies de discours quasi présidentiels ou d’envolées lyriques touchantes. Des envies de faire mieux, ou du moins plus, qu’au mois de janvier.

« Car en janvier, les victimes c’était les autres, et aujourd’hui c’est nous tous. Plus des journalistes un peu trop couillus, plus des policiers au mauvais karma ou plus des juifs un peu coupables, non, nous tous ! »

L’heure pour beaucoup n’était donc plus à la lecture et la constatation lointaine comme il y a quelques mois, mais à l’écriture impliquée et à l’action directe. Adoucir notre impuissance en agissant avec nos armes. Pourquoi pas ? Et ceux qui n’ont pas d’armes communicationnelles s’en improvisent. Pourquoi pas… Peut-être une action vaine mais une action. Symptomatique en tout cas d’une envie de mouvement, d’évolution et d’agissements. Et plus qu’un symptôme, un élan qui semble avoir embarqué avec lui le monde entier.

Alors finalement non, je ne m’énerverai pas. Car cette colère contre la sur-expression un peu maladroite serait mal venue. J’ai pris l’habitude, personnelle, de répondre au bruit par le silence pudique et j’espérais laisser aux vraies victimes ce qui leur appartient : le deuil réel d’avoir perdu une personne chère, et pas celui, plus éphémère, de la mise entre parenthèse d’une tranquillité tant recherchée. Mais je constate que l’attitude générale aura été de répondre au bruit par le bruit démonstratif. Suffisamment pour couvrir l’horreur qui nous accable, pour couvrir les balles et les cris.

Qu’importent les courses aux likes, conscientes ou inconscientes. Qu’importe cette ouverture oculaire tardive qui n’intervient que lorsque les coups de feu ne retentissent pas au Cambodge mais au Petit Cambodge. Qu’importe ce quelque chose de malsain, presque –excusez l’expression- « hype », dans le fait qu’il fallait connaître quelqu’un au bataclan.

Oublions ensemble le bousculement de ce confort qu’on pensait acquis. Quoi écrire et quoi dire ? A la limite peu importe. Écrire et dire. Tenter des choses. S’insurger. Partager sa localisation au moment des faits. Dire son soutien aux familles. Rappeler aux siens qu’on les aime. Crier sa haine. Pointer du doigt ce qui ne va pas. Entre dramatisation pour certains et relativisation pour d’autres. Évoquer des solutions. Participer à l’information de tous en évitant le piège de boire à toutes les sources. Répéter qu’il faut continuer de vivre jusqu’à s’en convaincre.

Et de rêver, sans fermer les yeux sur ce qu’il se passe, mais rêver encore et toujours.

Et essayer d’élever l’esprit, toujours plus aussi. De tenter de comprendre mais sans jamais s’ériger en donneur de leçons. Passer plus de temps à appliquer au quotidien ce que l’on conseille aux autres à l’écrit.

Et la culture bordel !

Car c’est dans la culture que nous trouverons la force de pardonner au monde ses injustices. Car tout n’est que réponse à l’injustice, réaction à l’injustice ; l’injustice et ce qu’elle entraine : la colère, la haine, le sentiment d’impuissance. Et c’est par la culture que nous trouverons la force de combattre ces sentiments, et la force de continuer à croire. Car oui, je suis croyant, et polythéiste de surcroit : je crois en Renaud, Jacques Prévert et Jean-Paul Belmondo. Je crois en Wong-Kar Wai, Zinedine Zidane et Victor Hugo. Je crois en toutes ces déclarations d’amour à la vie à travers une phrase, une mélodie, un regard ou un contrôle de balle.

Car chaque fois que la barbarie frappera l’humanité, il nous restera ça.

Chaque fois que des gens tomberont, il nous restera ça.
La musique, la littérature, la peinture, le cinéma… tous les arts réunis en un.

Et à l’instar d’Amélie Poulain, le monde tient son fabuleux destin :
Aider et être aidé.
Aimer et être aimé.

Sacha B.

NB: De mon côté, étant donné que mon ordinateur s’est mis à ramer, que ma connexion internet a lâché, que l’interface y a mise du sien,  que les murs et le plafond se sont mis à gerber des craquements, les messages d’Erreur fatale se sont succédés, je me suis dit: en attendant soit RAID ou le GIGN sur l’air du temps que je ferais mieux de vous concocter deux ou trois chansonettes puisque noussommes sur la bonne voie:

J’ai jamais eu autant de mal à poster un article, donc il en vaut la peine! Mp script, debug script de morpions internet!

 

Les enfants perdus

Hier, j’ai écrit un texte que j’ai brûlé ce matin car hier, j’ai décidé qu’il était temps de réagir ; mais je ne vais pas vous mentir, mes premiers mots n’étaient que colère. Colère contre un tas de chose, contre tout et n’importe quoi, contre tout et n’importe qui. L’attente que je croyais bénéfique à une expression plus clairvoyante, ne faisait en fait que nourrir toutes les indignations que je ressentais.

Cette attente ne fut pas passive non, car toute la semaine, j’ai écouté et j’ai lu.
J’ai écouté et j’ai lu tous les politiciens français de Mélenchon à Le Pen, de Sarkozy à De Villepin ; les politiciens étrangers de Merkel à Poutine en passant par Barack et Bachar.
J’ai écouté et j’ai lu des philosophes, plus ou moins extrêmes, plus ou moins pédagogues, plus ou moins pertinents, de Houellebecq à Onfray en passant par Tariq Ramadan.
J’ai écouté…

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6 réflexions sur “Hier, aujourdhui… demain (Suite fortuite)

  1. Ben oui, on vit comme des enfants perdus sur une terre en feu. Où les mots n’engendrent que confusions, malentendus, mélanges affreux dans nos têtes comme des coulées de boues toxiques qui tuent la mer. Il manque la dimension réelle , profonde d’un pardon, et d’un repentir de tous, de notre imbécile orgueil doté des logiques morbides, et vides.

  2. Merci Eric LN pour votre commentaire éclairé, Je dirais que c’est à dessein que nos propres failles sont utilisées contre nous. Or les tables sont sur le point de tourner et ceux qui ne sont pas prêts seront éliminés, point barre. C’est malheureux mais mère Nature s’en vient faire le ménage cosmique!

  3. Entre parler et ne rien dire…il y a toujours de quoi se culpabiliser… et la plupart ont décidé avec raison sans doute, de parler pour ne rien dire. Il existe une sagesse mais si désorganisée que son panache ne flotte pas bien haut sur ce monde multi-culturel et individualiste. L’essentiel du temps de parole est monopolisé par des imbéciles dans le but d’entraver les moyens d’action des cons.

    • Je suis heureux d’utiliser enfin cette fonction de ‘rebloguer’ car je trouve que souvent, nous sommes en cohésion collective dans le temps quant à nos réflexions individuelles – comme si c’était dans l’air du temps, et si je ne me sens pas apte à trouver des mots pour exprimer une chose, mes lectures me les dictent. Or, plutôt que de paraphraser quelque texte ou auteur, je me sens plus à l’aise en le rebloguant.

      Et je pense que cette fonction va me servir davantage à l’avenir car souvent, il me semble être en colinéarité avec certains auteurs mais soit leurs styles ou leurs approches sont si différentes de la mienne que j’abandonne en tentant de les mimer en quelque sorte, puis à quoi bon?! Puisque je m’efforce de rester le plus près possible de mes idées critiques, pourquoi ne saurais-je introduire les mots d’un autre sur ce site qui à l’origine se voulait collaboratif? Je suis tout à coup très à l »aise avec cette idée de partager entre nous nos coups de coeur.

      Je remercie Sacha B, car cet exercice m’a aidé à évoluer sur bien des points, je pense. Puis merci à vous tous de partager mon désir de partager!

  4. Un grand merci pour ce partage. Je suis touché et honoré que vous ayez fait votre première fois avec moi ! (Désolé pour ce mauvais jeu de mot…)
    A bientôt j’espère !

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